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Pologne : 18 mois

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Quand des potes de France arrivent a Varsovie.

Ghetto

C’est étrange les a priori que l’on a sur des noms de lieu, de ville, des images dans la tête a l’évocation de NY (taxis jaunes et  Grattes Ciels ? ) de Londres : taxis noir et Big Ben…  Quand je suis arrivé ici, à  Varsovie, pour moi, ce nom ne rimait qu’avec une seule chose : le ghetto, les camps, Martin Gray, Treblinka, des images dures. Pas même le pacte de Varsovie ; et je ne connaissais même pas, alors, l’épisode de l’insurrection de Varsovie.

 Pour moi, Varsovie, ça ne m’évoquait que cela : le martyr, l’autel sacrificiel du peuple juif.

 

 C’était juste avant le 60ieme  anniversaire de la libération d’Auschwitz et France 2 et TF1 s’étaient lancées dans la course à celle qui passerait le plus de reportages sur la Shoah en une semaine. Je suis arrivé  en Pologne le lendemain des cérémonies, la tête pleine d’images, d’interrogations. Et le cœur nourri d’une méfiance face à un peuple qui me semblait, de France, depuis TF1 ou Lanzman, sinon (encore) a proprement parlé essentiellement antisémite (un antisémitisme sans juif ?) du moins qui avait péché par son  indifférence.

Obsession

Au début, je me souviens, j’errai dans cette ville toute entière reconstruite, à la recherche de quelques vieux murs datant de cette époque. Il faisait froid, il neigeait, c’était l’hiver encore avec sa nuit brutale qui dure si longtemps ici et tombe si vite…

 Je ne sais pas si je me complaisais dans cette quête de vieilles briques rouges, des vieux immeubles, dans les arrières cours. Ressentir de façon presque physique un malaise. Perdre 50 ans, sombrer dans l’affect.  Car des vestiges du ghetto, il en reste. Encore faut-il les chercher, ne pas hésiter à pousser des portes, se perdre aux abords de Nowolipky ou du coté de la synagogue.

 J’étais comme obsédé par ça. Je lisais tout ce que je pouvais trouver dessus, j’en parlais avec les gens ici, Polonais et étrangers. Je me rappelle encore de ce choc en découvrant que j’habite au milieu du Ghetto. Il était tard et je lisais un illustré sur les communautés juives rurales de Pologne. Quand je suis tombé sur une carte, précise pour une fois, du ghetto. Avec ma rue. Combien de personnes et dans quelles (horribles) souffrances sont-elles mortes en bas de chez moi. Chez moi ?

Et puis c’est devenu moins intense. Moins présent. Et cela ne me revient en mémoire que lorsque des amis viennent de France et que nous nous promenons dans Varsovie et que nous parlons de l’histoire de cette ville. En quelque sorte, je me suis polonisé : continuer à vivre ?

 Même si, comme moi, on habite en plein cœur de l’ancien ghetto.

 

 

 

 

 

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