Pologne : 18 mois
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«"Noblesse oblige", dit en français Anna Blumsztajn. Lorsque je regarde la biographie de mon père, je me sens redevable.» A 28 ans, elle a passé la moitié de sa vie en France, de 1981 à 1995 : son père, Seweryn Blumsztajn, un historique du KOR et de Solidarnosc, s'était retrouvé bloqué à Paris par l'instauration de l'état de guerre et n'avait pu rentrer qu'en 1989. Aujourd'hui, il dirige l'édition cracovienne de Gazeta. Anna, elle, fait un doctorat de politique sociale, une étude comparative entre la France et la Pologne sur l'impact du système fiscal sur les inégalités sociales.
De l'héritage de Solidarnosc, elle ne voit guère que le gâchis, les déchirures entre anciens camarades de lutte des années 90, la lutte sans merci pour le pouvoir, enfin la remise en cause aujourd'hui de la transition négociée et pacifique de 1989 avec les appels revanchards à la «lustration» (la publication prônée par la droite des dossiers de la SB pour démasquer ses anciens agents dans la vie publique). «Où sont passés les idéaux d'antan, la belle révolution raisonnable de Solidarnosc ?» Désabusée, Anna a trouvé des causes à défendre loin de la politique. Elle aide une association qui milite pour la réouverture de classes maternelles dans les campagnes fermées avec les faillites des fermes d'Etat. Plus tard, elle voudrait travailler dans l'action sociale.
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Par Véronique SOULE
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mercredi 31 août 2005 (Liberation)