Pologne : 18 mois
Imaginons que je continue sur ma lancée, que je repasse encore quelques WE comme celui la… et que nous soyons le 5 mars 2006. Exercice de style. J’ai écrit que j’ai trouve la force de sortir de chez moi pour acheter a boire ? En fait c’est l’inverse : je n’ai pas eu la force de ne pas y aller. J’ai besoin de sentir la puissance de la vodka coulant dans ma gorge et qui brûle la trachée, j'ai besoin de sombrer dans cet état qui me fera oublier que je n’ai plus de pote ici. Que je le ai tous fait fuir. Qui em fera oublier que je suis saoul et seul. Comment j’en suis arrive la ? Quand est-ce que tout a commence ? Je ne pourrais certainement pas dater ça avec précision. J’ai toujours été de ceux que la médicine appelle « gros consommateur ». Mais si j’avais une date à mettre, un moment précis ou je devrais identifier le début de la descente aux enfers… ce serait quand même ce WE, à Krakow, il y a 5 mois. Y avait du monde, du beau monde même. Moi j’ai commence a sombrer a partir de ce jour la. Eux je crois qu’ils sont restes des gens biens. Car je n’ai plus de nouvelles » C’est de la fiction biensur. De la pure fiction. Je suis loin d’avoir passé un WE d’alcoolique…
« Benavar, 5 mars 2006. Ce matin je ne me suis pas réveille. Encore. Bientôt 3 semaines que je ne pas allé une seule fois au boulot. Mon appart est un vrai foutoir. Y a de tout partout. Mais surtout quelques bouteilles, vides. Quelques canettes aussi. Une odeur forte de tabac froid, de vieux vins rouges. Acide. Odeur de lendemain de fête. Sauf qu’il n’y pas eu de fête hier chez moi. Sauf peut être dans ma tête. Une journée a ne rien faire, a vomir même. Des le matin, j’ai trouve la force d’accéder a mon petit sklep, celui d’en bas de chez moi. Ca fait bien longtemps que la serveuse ne me sourit plus comme elle faisait au début. Je ne lui parle plus non plus. Je prends 2 bouteilles de vodka et quelques bières avant de remonter. Il fait froid, j’attends cette putain de paie de mars qui ne vient pas. Je n’ai deja plus d’argent pour m’acheter à boire demain. M’en fous, on verra bien. J’en trouverai bien.